Coralie – Chapitre 12

Suite à un petit redécoupage, le roman comporte maintenant 44 chapitres

Ce chapitre 12 est nouveau.

Le roman est 90% corrigé et sera mis sur Amazon bientôt, pour une publication E-book avant de vivre en papier (après nouvelles relectures)

CoralieCoralie

—  Septembre 1986, Pourville

Corail et Coralie

 

Une lettre lui manque,

Ton nom est mélangé.

Lui, forme une barrière,

Tu n’as pas de limite,

Vos corps sont fragiles,

Votre beauté brille.

Tu es parmi eux,

En tenue d’Eve,

Ils te scrutent,

Tu es à eux.

Je me fais sirène,

Pour que tu me protèges,

J’aimerais que tes yeux,

Ne me fassent pas souffrir…

La blondeur. Un de mes phantasmes les plus puissants.

Se réveiller le visage dans les cheveux flavescents d’une muse parfumée. Un corps encore chaud des ébats de la nuit. Des draps froissés, des cris endormis tapissant les murs.

Ce cadeau, Cédric me l’a offert. Je lui avais confié cet amour pour les pénils blonds et les sourcils aux couleurs du blé. Il a tout de suite pensé à Coralie, son amie du lycée, sa confidente d’adolescence, son premier vrai amour. Une blonde au sourire espiègle.

Avant qu’il me rencontre, Cédric passait beaucoup de temps avec elle. Le corps de cette fille au parfum de clochettes est un paysage de dunes. Une plage sauvage où le soleil imprime les rais du désir sur les rondeurs. Où les draps de satin de l’aurore glissent comme l’écume sur le rivage. De gros seins ronds et fermes, des tétins rose bonbon, une vallée charnelle où éclosent des baisers, une peau-délice, des fesses et des hanches à vous faire trembler, du sable blond à perte de vue, des herbes jaune topaze qui s’agitent dans la bise du matin, une beauté à vous couper le souffle.

Dans ces monts et collines, Cédric aimait se promener, dessiner le  sourire sur Coralie, la faire jouir de ses caresses. Il savait qu’un jour proche, il lui ferait l’amour.

Je n’ai pas voulu qu’il cesse cette complicité quand nous nous sommes connus.

Cédric aimait la présence des femmes, toujours entouré de jolies filles qui se confiaient ou l’écoutaient. Son adolescence a été accompagnée de jeux sexuels et de sourires de fleurs. Il s’est construit dans leurs parfums. Dans la prairie de la féminité. Comme moi…

À quelques jours près, Coralie aurait eu la chance d’offrir à Cédric sa première fois. Elle lui réservait la sienne…

C’est lui qui a stoppé cette relation, cet amour, cette amitié profonde. Coralie l’avait trompé.

Une blessure. Pour lui. Pour elle.

Et mes yeux ont croisé ceux de Cédric.

Mais leurs corps ont fini par parler et parfois les tango-plaisirs reprenaient.

Ils jouissaient ensemble, libres, comme Cédric l’était avec moi.

Un jour, il me l’a présentée. Il voulait partager son sourire, ses rires et m’offrir sa beauté.

J’insistais toujours pour qu’il découvre sa sexualité et c’est lui qui a choisi. L’expérience du trio avec Laurine lui avait beaucoup plu…

Coralie a accepté mon invitation. Elle a dit oui pour une folie. Pour être nue avec lui, encore une fois. Pour découvrir d’autres sensations, vivre un de ses phantasmes : se réveiller dans le lit d’une femme.

Leurs chemins s’étaient séparés, mais se croisaient parfois dans l’extase.

J’ai découvert son corps. Elle a osé me charmer. Elle a dormi au milieu de nous, dans un cocon de tendresse. L’amour : un manque qui la faisait pleurer des larmes de muguet.

J’ai vite été séduite par sa jeunesse et nous nous sommes amusés plusieurs week-ends.

À quelques années près, ils avaient le même âge que moi, à eux deux réunis…

J’aimais leur connivence, leur folie et nos fous rires.

J’adorais les bains que nous prenions, le corps couvert d’habits de mousse, blottis à trois dans ma grande baignoire, échangeant des secrets ou des souvenirs coquins.

J’appréciais nos jeux, les confidences, leur apprendre le plaisir, saisir l’instant avec un Polaroïd, voir nos corps nus apparaître : une magie chimique.

J’étais jalouse de leur jeunesse, me délectais de leurs frissons.

L’histoire malsaine a commencé.

Ils s’étaient aimés.

Elle l’aimait toujours.

J’aimais déjà Cédric.

Et je la désirais…

Après ces longs week-ends où nous dansions dans les draps jusqu’à midi, j’ai hébergé Coralie quelques mois, virée de chez elle comme une enfant qu’on n’aime pas. Ça ne plaisait pas à mon mari même s’il n’était jamais là. Une période difficile où ses voyages interminables se cumulaient. Moi aussi j’étais abandonnée, seul Cédric savait peindre le bonheur sur mon visage.

J’ai même emmené Coralie avec moi en vacances aux Seychelles pour lui remonter le moral, une semaine où son corps nu, nageant dans les poissons multicolores, m’a vraiment troublée. Dans la barrière de corail, je la voyais sans limite. Émancipée. Elle aurait pu s’appeler Liberté, un prénom qui lui allait à ravir.

Lors de ces quelques jours, j’ai aussi compris que la poursuite de cette relation serait difficile.

Cédric continuait de découvrir le plaisir et le parfum des femmes, nous nous retrouvions chez moi, sur le golf ou sur la falaise. Coralie nous y rejoignait parfois. Il n’y avait pas de jalousie entre eux.

Elle appréciait les garçons et les filles, s’abandonnait parfois dans mes bras. J’aimais leur présence et corriger leurs devoirs de français, expliquer leurs cours de mathématiques, leur insuffler l’envie d’apprendre, leur parler d’art, de littérature, de poésie, de sexualité. Discuter du Liban, de son histoire, de ses guerres.

Puis Coralie a commencé à me faire souffrir par ses excès, qu’ils soient sexuels, alcooliques, ou cannabiques.

Je l’ai chassée, elle s’est consolée dans les bras d’une autre.

J’ai regretté. J’ai été dure.

Elle m’aimait…

Il est des histoires impossibles, j’ai choisi Cédric.

 


2 réflexions sur “Coralie – Chapitre 12

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