Le Nirvana au bout des doigts

(Extrait du chapitre 6 – Les effluves d’une vie)

— Octobre 1981, Pourville —

« Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac… »

Le bruit de l’horloge et les secondes qui passent sont la seule réponse à la question que je pose à ces femmes dont le plaisir fuit sans jamais les visiter complètement. Couchées sur le divan de cuir de mon cabinet, elles se murent dans le silence et répètent en boucle ma phrase dans leur tête.

« Est-ce que vous vous masturbez ? »

Bien sûr que non, elles ne se caressent pas. Sinon elles sauraient ce qu’est le plaisir. Certaines l’ont déjà fait il y a bien longtemps, certaines ont oublié l’évidence :

Un corps se dompte.

Il s’apprend.

Le plaisir féminin est en nous, il faut aller le chercher. Même s’il est loin !

Alors je les regarde, sur mon fauteuil confortable et j’essaye de les faire parler tout en pensant aux spectaculaires orgasmes que m’a toujours provoqués la masturbation. Aimant cette position qui me donne du plaisir, j’emprisonne ma toison brune en croisant mes cuisses et je leur parle de la jouissance féminine pour les inviter à faire ce grand voyage après mes séances.

Leur secret est là. Quand vous savez jouir et que vous vous effondrez de plaisir, vous avez envie de recommencer. Seule ou accompagnée. Ça devient une habitude, puis un besoin. Un manque pour certaines. Après tout est facile, vous connaissez votre corps, ses réactions. Vous devenez l’artisane de votre plaisir. À volonté.

Moi j’ai passé ma petite enfance à regarder mon sexe dans le miroir. Seule dans ma chambre les jambes écartées, je faisais parler mes lèvres dans la glace. J’ai très vite compris en les touchant qu’il y avait un secret ici. Cette bouche avait quelque chose à dire. J’ai très vite assimilé que le petit bouton rose qui poussait sur le haut des lèvres n’était pas un bouton de fièvre. Il provoquait la fièvre !

J’avais demandé à ma mère, elle m’avait répondu que ça ne servait à rien et qu’il ne fallait pas y toucher.

…….

« L’horloge des silences, dans mon cabinet »

les-aiguilles-du-temps

 

 


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